KARMA et KARMA-VIDHYA


 

Dans notre environnement culturel occidental, évoquer la notion de karma est une façon originale de se marginaliser, ou plus souvent, de revendiquer une appartenance à la mouvance bouddhiste.

Le bouddhisme, qui est né de l'hindouisme, n'a pas influencé ce dernier dans sa relation fondamentale aux lois karmiques telles qu'elles furent exprimées à l'époque des Rishis, (contrairement à ce que certains érudits ont tendance à croire), ou bien plus tard (vers 1300 avant JC) dans le Mahabaratha, et donc la Bagahavat Gheeta.

Qu'il y ait eu par la suite un aller-retour d'influences est probable, mais on ne trouve pas dans le bouddhisme l'importance qui est donnée à l'état anagami, ou au pareksha prarabdha karma par exemple, car le tri-karma n'y est pas développé, tout simplement.

Nous allons donc ici développer cette notion de triple karma qui n'est que la très simple explication du mode de fonctionnement de la manifestation en acte, accessible à l'entendement humain et non dépendante de notions réincarnationistes qui n'en sont qu'une interprétation subséquente.

Moksha, Mukti, (la libération) n'est pas le résultat d'une pratique morale mais d'une conscience claire, présente aux multiples dimensions qui peuvent coïncider dans le "crucibulum" alchimique qu'est en fait l'être humain.

 

 

 

S’il y a bien un point qui est très clair dans la pensée hindoue, c’est que pour la conscience ordinaire il y a autant de vérités que de manières de les concevoir. La conscience dite "éveillée" n’utilisant pas le langage pour formuler ce qui en dépasse le cadre, on ne saura donc jamais verbalement, et on restera définitivement dans une hypothèse, éventuellement érigée en système producteur de résultats certains, et complémentaire d’autres systèmes antithétiques (comme dualisme et non-dualisme par exemple).

 

Si j’évoque ici le nom de "système", c’est qu’en effet, dans tout ce qui concerne le karma, il y a un ensemble de relations très structurées qui lient les éléments les uns aux autres, mais avec une part de variabilité qui n’a d’autre fondement que la totale relativité des concepts énoncés, entièrement tributaires de nos fonctions intellectuelles et donc de notre mental.

 

Le mot karma a un sens général de processus d’action ou d'action, moteur liant les effets à leurs causes, et le mot vidhya celui de connaissance, vison pénétrante, intellection, mais en fait ce qui dans l’hindouisme est représenté par le karma ou les karmas est un champ causal en expansion infinie, ayant la possibilité de moduler son expansion selon des formes plus ou moins individualisées et dans des dimensions diverses.

 

Rapporté à l’être humain, ce champ suit la courbure du temps et de l’espace qui définissent nos conditions existentielles, mais ne saurait en aucun cas en dépendre.

 

Le jyothisha (l’astrologie traditionnelle de l’Inde que l'on appelle aussi karma-vidhya) est en fait une science du karma tel qu’il se projette sur les mouvements des objets qui marquent le temps. Dans l'Inde ancienne, la notion d’expansion est celle d’un mouvement qui ne serait pas lié au temps tel que nous le connaissons.

De même le karma exprime une causalité qui est antérieure au temps, seule la manifestation dont nous sommes les observateurs inclut temps et espace, et la grande horloge qui nous permet de mesurer ce temps, et donc les développements karmiques, c’est le mouvement des astres, qui reproduit par projection (de manière harmonique, homothétique et analogique), les cycles définissant les stades successifs de cette expansion.

 

On est donc assez éloigné de l’idée de karma-destin de madame Irma ou du karma réincarnationniste ou spirite qui déclanchent les passions, même s’il peut y avoir des points de convergence...

 

Mais comme l’homme ne peut rien concevoir qui ne soit une projection de ses cinq sens, il lui a fallu réduire à son propre niveau ce qui s’en détachait et n’était plus intelligible que sous une forme paradoxale. Nous allons voir par la suite ce qui du non-intelligible peut servir de piste à une mise en cohérence de la vie de l'homme avec son mental et sa fonction de vie.

 

Nous allons donc évoquer le karma individuel, puisque c’est ce qui nous concerne directement.

 

 

LE KARMA INDIVIDUEL


 

L’expansion-contraction qui définit le mouvement de l’univers se fait d’une manière ordonnée selon un programme infini que l’on pourrait appeler "karma".

Le désordre est lui-même un des aspects de l'ordre; ce qui fait l'apparente contradiction, d'un point de vue logique, vient de sa position hiérarchique dans le développement du processus causal.

 

Cependant, ce genre de sujets – passionnants en soit - est d'ordre purement spéculatif, car ce qui nous intéresse en premier lieu, c'est avant tout nous-même, l’homme ; nous allons donc suivre les conseils de Krishna et nous concentrer sur notre swa-karma, la part du karma qui sous-tend notre fonction individuelle ici bas, les pieds bien sur Terre.

 

Si l'on considère l'hypothèse d'un champ informatif en mouvement constant dont nous serions l'une des manifestations, on va pouvoir évoquer et travailler ensemble sur une "fiction", celle de l'Inde ancienne, mais pour une fiction, il faut dire qu'elle est bien construite et bien renseignée.

 

Les mots sanskrits qui seront utilisés n'ayant pas d'équivalents linguistiques, ils seront donc cités tels quels.

 

Que peut nous apporter la connaissance des lois karmiques?


 

L'intérêt, c'est ANAGAMI qui mène à MOKSHA, moksha qui est le but ultime d'une vie humaine arrivée au terme des quatre ashramas, la libération du SAMSARA.

MOKSHA est l'un des quatre buts de la vie humaine et est en relation avec les ASHRAMAS

 

 

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